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Il faut dire que, sexuellement, la vie auprès de Jean-Louis,
mon mari n'est pas très excitante. Je n'ai jamais rien trouvé
à y redire jusque là. Dans mon milieu, le sexe a presque
toujours été réservé à la procréation.
En réalité, c'était encore vrai pour la génération
de mes parents mais les choses ont un peu changé maintenant.
Aujourd'hui, même les catholiques les plus purs font l' amour
aussi pour le plaisir. Enfin, c'est une façon de parler car
je n'ai jamais vraiment trouvé beaucoup de bonheur à
me faire prendre par mon homme. Cela ne me frustre pas outre-mesure.
Quand nous faisons l'amour, c'est très classiquement, sans
faire preuve d'une grande imagination. Cela ne dure jamais bien
longtemps et, généralement, Jean-louis s'endort juste
après avoir joui. Il n'éjacule jamais en moi car nous
pratiquons le coïtus interruptus depuis toujours. Il arrive
qu'il laisse sa semence sur mon ventre quand il est pris de court,
mais en général, il se termine dans un mouchoir laissé
à sa disposition à côté de l'oreiller.
Vous le voyez, rien de bien folichon ni de très excitant.
Dans ces conditions, vous comprendrez aisément pourquoi je
ne parviens à l' orgasme que dans de très rares occasions.
D'ailleurs, quand cela m'arrive, je suis toujours un peu honteuse
d'avoir laissé libre cours à ma passion et de ne pas
avoir su retenir les élans de mon corps.
Tout a donc commencé il y a quelques semaines, au milieu
de la nuit. Je n'avais encore jamais fait de rêves érotiques
et j'ai été fort étonnée par la violence
et le réalisme de celui-ci. Nous avions fait l'amour Jean-Louis
et moi et, comme souvent, j'étais restée sur ma faim,
sans jouir. Je suis toujours un peu frustrée quand cela se
passe comme ça, même si j'en prends mon parti sans
jamais le montrer à mon mari. J'aurai trop peur de le décevoir
et de lui renvoyer une mauvaise image de moi. Je m'étais
donc endormie comme d'habitude, un peu nerveuse mais sans plus.
J'ai l'impression que les songes sont arrivés presque tout
de suite après que j'aie fermé les yeux.
Je me trouvais au boulot. Il était tard car la nuit était
déjà tombée dehors. Je savais confusément
que mes collègues, laborantines et employées administratives
comme moi étaient déjà parties. C'était
bizarre parce qu'il n'est pas dans mes habitudes de faire des heures
supplémentaires. En général, quand j'ai terminé
ma journée, je me dépêche de rentrer pour prendre
le bus et retrouver ma famille. Là, je n'avais aucune envie
de partir et pour cause. Monsieur Raymond, l'un des deux associés
qui dirige le laboratoire était debout devant moi et tenait
son sexe dressé juste sous mes yeux. Je me souviens que,
dans mon rêve, je regardais sa verge avec une certaine admiration.
C'était un beau gros phallus bien raide et mouillé
au bout. J'étais très étonnée de percevoir
ce genre de détails, moi qui savais à peine à
quoi ressemblait le sexe d'un homme en érection. Je ne regardais
jamais celui de mon mari et nous faisions la plupart du temps l'amour
dans l'obscurité. C'était très rare quand je
parvenais à le toucher, à poser mes doigts dessus
pour le caresser.
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